Cas concret de Negative SEO : entre backlinks toxiques et désaveu de liens

17/07/2015
Cas pratiques

Retour sur un cas de negative SEO à base de liens toxiques : depuis juin 2014, le site de mon client a pris cher… mais il s’en est sorti malgré deux « attaques » successives. Comme quoi, tout est possible !

L’activité du client est très concurrentielle, et je dois avouer que depuis que j’ai pris la main sur son référencement, j’assiste quotidiennement à une guerre du positionnement avec d’autres sites sur une expression bien précise. Le fait qu’il ait reçu des milliers de liens factices ne m’étonne donc qu’à moitié. Mais c’était tout de même un peu stressant puisque je n’avais encore jamais eu affaire à ce problème.

Le contexte

Début 2014, je commence à travailler sur la boutique en ligne d’un nouveau client : une refonte de site s’imposait, les contenus n’étaient pas optimisés mais le site profitait d’un nom de domaine ancien, d’une bonne notoriété, et était situé entre la 6ème et la 10ème place dans Google. Coté backlinks : une centaine de liens de bonne qualité, quelques annuaires mais dans l’ensemble un bon profil de liens. Jusqu’à présent, mon client avait des concurrents en ligne, mais il commençait tout juste à faire face à de nouveaux concurrents étrangers qui cassaient les prix.

En juin 2014, la nouvelle version du site était lancée et les contenus optimisés. Super, nous allions enfin avoir des résultats ! Ou pas : chute du positionnement, baisse du trafic et des ventes… Pourtant tout a été optimisé dans les règles, les 301 effectuées, etc.

La découverte des liens artificiels

Petit tour sur Webmaster Tools : rien à signaler ! Pas de message, pas de nouveaux liens. Etrange… Je décide d’aller voir le profil de liens du site sur Ahrefs et découvre 12 000 liens factices (125 domaines) qui proviennent de sites chinois et russes (si on peut appeler ça des « sites » !). Ce qui m’a vraiment étonnée c’est que WMT n’a rien remonté.

Les conséquences

Le site est passé 13ème très rapidement et le trafic a baissé (-10%).

Le désaveu de liens

C’est donc dans la joie et la bonne humeur que je commence mes recherches sur le désaveu de liens. Google préconise de n’utiliser cet outil qu’après avoir demandé aux webmasters de bien vouloir retirer les liens vers le site de mon client. Vu l’aspect des sites-poubelle et l’absence évidente de formulaires de contact, j’ai évidemment sauté cette étape. (Et de toute façon je ne parle ni russe, ni chinois J).

C’est parti : je télécharge la liste des liens depuis Ahrefs et la complète avec les liens présents dans WMT. Je passe en revue tous les backlinks pour voir lesquels intégrer au fichier de désaveu. 13 000 lignes Excel plus tard et les yeux meurtris, mon fichier .txt est terminé ! (Pour plus d’infos sur la procédure de désaveu, consultez la page officielle de Google). Je le soumets à Google et patiente… car Google ne donne aucune information sur la prise en compte ou non du fichier de désaveu de liens, comme ça c’est encore plus rigolo !

Ce qu’il s’est passé après le désaveu de liens

Chaque jour, le client et moi suivions le positionnement du site, le trafic et l’arrivée éventuelle de nouveaux liens artificiels (par chance, il n’y en a pas eu). Durant 3 semaines, nous n’avons plus touché au site (aucune optimisation pour le SEO, aucun backlink ni aucun contenu n’a été créé).

Première bonne nouvelle : durant ces 3 semaines, le positionnement n’a plus bougé et le site est resté en 11ème position. Un mois plus tard, je reprends mes optimisations (création de nouveaux contenus, backlinks de bonne qualité…), et ça paye !

Après 3 mois, le site est 2ème sur le mot-clé, malgré des concurrents de plus en plus nombreux et agressifs. Le trafic est également en hausse (+20% par rapport au trafic enregistré avant refonte et optimisation).

Depuis décembre, tout va bien et nous restons vigilants. Sauf qu’en juin 2015, c’est reparti pour un tour. Même cas de figure, même procédure, mais des résultats positifs 2 jours seulement après avoir désavoué les liens !

Conclusion

  • Si l’activité est concurrentielle, être deux fois plus vigilants.
  • Vérifier très régulièrement les nouveaux liens, mais pas qu’avec Webmaster Tools ! (A titre d’information, les liens artificiels sont apparus dans WMT quelques jours après le 1er désaveu).
  • Vérifier encore plus souvent les nouveaux backlinks lorsqu’un site a connu au moins une fois le NSEO et rester à l’affût d’autres types d’attaques (c’est aussi arrivé au site de mon client d’ailleurs).
  • Le processus de désaveu de liens prend du temps (la création du fichier peut être longue, l’attente des résultats prend plusieurs jours, voire semaines, et les résultats espérés ne sont pas forcément au rendez-vous).
  • Etre patient et mettre en place une stratégie efficace pour regagner les positions et le trafic perdus en douceur.

En espérant que cela ne vous arrive pas ; mais restons positifs : malgré tout cela, le site du client est toujours en 2ème/3ème position à ce jour sur le mot-clé.

 

Source photo : Flickr